La femme, la moitié en lumière

La femme, la moitié en lumière

Il suffit parfois d’un chiffre pour résumer une réalité : les femmes représentent la moitié de l’humanité. Une évidence, presque banale, mais qui continue pourtant de se heurter à une autre vérité, plus tenace. Cette moitié-là reste encore trop souvent reléguée dans l’ombre. Invisibilisée dans les statistiques du pouvoir, effacée des récits qui façonnent l’histoire commune, sous-estimée dans les décisions qui orientent nos sociétés.

En cette fin d’année, alors que les bilans s’additionnent et que les discours de progrès se multiplient, il est nécessaire de rappeler que la visibilité n’est pas un luxe symbolique. Elle est un enjeu politique, social, démocratique. Car ce que l’on ne voit pas, on ne protège pas. Ce que l’on ne nomme pas, on ne mesure pas. Ce que l’on ne raconte pas, on n’honore pas.

Pourtant, partout, les femmes avancent. Elles innovent, dirigent, inventent, alertent. Elles portent les combats essentiels de notre temps : l’éducation, le climat, la justice sociale, la paix. Leur rôle n’est pas accessoire. Il est central. Mais leur présence, encore, peine à devenir une évidence collective.

Mettre la moitié en lumière, ce n’est pas célébrer ponctuellement un « sujet femmes ». C’est corriger un angle mort massif. C’est accepter de repenser la manière dont nous regardons le monde, dont nous construisons nos institutions, dont nous transmettons les récits. C’est, finalement, faire en sorte que la lumière cesse d’être une exception pour devenir la norme.

En ce mois de décembre, alors qu’une page de l’histoire va se tourner, la question demeure : que choisissons-nous d’éclairer ? Parce qu’une société qui n’éclaire qu’une partie d’elle-même se condamne, inévitablement, à avancer à demi-vue.

Il est temps de regarder pleinement. Il est temps de reconnaître la moitié. Il est temps, enfin, de la mettre en lumière.

Louis LOKOU

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